Premier conseil municipal
Suite à la défaite de dimanche dernier, je siégeais pour la première fois au conseil municipal, et pour la première fois aussi dans l’opposition.
À 35 ans, dans ma ville de naissance, ce n’est pas une situation neutre. Ici, je connais beaucoup de monde, et je m’entends avec beaucoup aussi. Pourtant, me voilà désormais dans un rôle où les lignes peuvent se tendre, où les positions peuvent s’opposer, parfois frontalement.
C’est une forme de ligne de crête.
Je découvre ce que cela signifie concrètement : trouver la bonne distance, ne pas renoncer à ses convictions sans abîmer inutilement les relations, accepter le rapport politique sans se perdre dans l’affrontement.
Je ne refuse pas ce cadre, il fait partie du jeu démocratique. Mais je dois apprendre à y trouver ma place, ici précisément, dans ce conseil, dans cette ville, avec ces visages que je connais.
Dans une position minoritaire, la capacité d’agir est limitée. On incarne un rôle, celui d’un élu d’opposition, avec ce que cela suppose de marges étroites. Cela peut être frustrant, d’autant plus quand on est engagé depuis longtemps dans la vie associative, au contact direct des habitants, avec l’habitude d’agir concrètement.
Alors oui, j’appréhende les sept années qui viennent. Elles seront sans doute parfois longues. Mais elles peuvent aussi être utiles.
Avec mes camarades et ami·e·s de l’opposition, nous aurons à faire vivre autre chose : proposer, questionner, porter.
Concrètement, cela passera par des sujets très simples mais essentiels : la manière dont la ville accompagne ses associations, comment elle soutient ses initiatives locales, comment elle se projette dans les transitions à venir, et comment elle crée des espaces de dialogue réels avec ses habitants.
Rien de spectaculaire, sans doute. Mais peut-être l’essentiel.
À mon échelle, cultiver les roses dans ce microcosme.
Nous voulons que notre ville se tourne pleinement vers le 21e siècle, que certaines habitudes évoluent et que, progressivement, d’autres possibles apparaissent.
Ce ne sera pas simple. Mais c’est sans doute là que commence le travail.
À l’issue du conseil, les échanges se sont prolongés de manière plus informelle.
En compagnie de Marion, nous avons été sollicités par deux adjointes, qui ont exprimé leur volonté de travailler ensemble sur certains sujets, notamment la culture, le sport et l’attractivité. Ce sont des personnes que je connais et que je respecte.
Mais ce contexte n’est pas anodin.
Mon engagement est ancré à gauche. Les orientations portées aujourd’hui par la majorité, et les alliances qui se dessinent — notamment avec des sensibilités qui flirtent avec l’extrême droite — créent une distance que je ne peux pas ignorer.
Cela ne relève pas d’un désaccord de méthode, mais bien de valeurs.
Dans ces conditions, je ne peux pas faire comme si cette différence n’existait pas. Elle impose une forme de vigilance et de clarté.
Pour autant, je suis ici pour ma ville, pour ses habitants, et je prendrai toute ma part pour défendre ce qui me semble juste et nécessaire.